Robert Wilcocks

MENSONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ : la fabrication du rêve d'Irma

 

            Dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juillet 1895 Sigmund Freud fit, au petit matin du mercredi, un rêve d'une singularité et d'une importance capitales pour ce qui devait être son entreprise majeure —l'invention de la doctrine de la psychanalyse.[i] Ce rêve, analysé le matin du 24 juillet 1895, a ouvert à Freud "les secrets du rêve". Ce rêve s'appelle communément "le rêve de l'injection faite à Irma". Il constitue à la fois l'ensemble du deuxième chapitre de l'Interprétation des rêves (’’Die Traumdeutung’’) et ce que Freud lui-même nommera "le rêve spécimen" (das Traummuster) parce qu'il va compter s'en servir implicitement tout au long de l'Interprétation des rêves comme un modèle.[ii]

L'absence en France d'une traduction de l’édition intégrale des lettres de Freud à Fliess[iii] frise, malheureusement, le désir tout à fait scient de ne pas vouloir connaître les réalités des origines de la psychanalyse. C'est comme si, ou peu s'en faut, Eugène Sue ne voulait rien entendre de la vraie existence d'un certain Vidocq ! Il ne faut jamais oublier la dernière phrase de l'analyse du "rêve", toute en italiques dans le texte ! —Lorsque le travail de l'interprétation a été accompli, nous percevons qu'un rêve est l'accomplissement d'un désir.[iv]

On peut dès lors se demander ce que Sigmund Freud eût pu écrire ce même matin du mercredi 24 juillet 1895, à l'ami de longue date, Wilhelm Fliess. Une telle découverte ne mérite-t-elle pas un échange d'informations avec le copain Fliess, l'intime parmi les intimes ? Voici l’intégralité de la brève lettre écrite, ce matin là, au confident Fliess de Berlin :

[Daimonie warum schreibst du nicht?] Mon démon inspirateur, pourquoi ne m'écris-tu plus ? Comment ça va ? Est-ce que tu te moques complètement de ce que je suis en train d'accomplir ? Que se passe-t-il avec le nez, la menstruation, les douleurs de l'enfantement, les névroses, ta chère femme, et le tout-petit ? Il est vrai que cette année je me trouve malade et que je dois venir te voir ; mais qu’arrivera-t-il si, par hasard, nous restions tous les deux en bonne santé pendant toute une année ? Sommes-nous amis seulement dans le malheur ? Ou bien est-ce que nous voulons partager, l'un avec l'autre, les moments de calme ?

Où passerez-vous le mois d'août ? Nous vivons bien tranquillement à Himmel.

Mes amitiés les plus cordiales, Ton Sigm.[v]

 

On voit qu'il est nullement question d'une découverte des secrets du rêve, loin s'en faut ! Cette lettre est une évidence, parmi beaucoup d'autres, que ce célèbre "rêve de l'injection faite à Irma" n'a jamais pu se dérouler comme Freud le laissait entendre dans Die Traumdeutung. Ce "rêve" n'est qu'une invention rhétorique (géniale) de Freud pour "persuader" son public viennois de la validité de ses curieuses méthodes nouvelles —ce que le psychiatre et philosophe Karl Jaspers appellera des "procédures policières" dans sa monumentale Allgemeine Psychopathologie.[vi]

Curieusement, le disgracié Wilhelm Fliess fut le premier à poser à l'ami Sigmund (qui lui avait envoyé un exemplaire dédicacé de la Traumdeutung) la question pertinente concernant la date de ce rêve précoce (littéralement!). La réponse de Sigmund à cette demande inattendue fut ceci :

J'ai vérifié, cependant, la date du 24 juillet, 1895. Le rêve se date de la même façon dans le livre —juillet 23-24, et je sais que ce fut la première fois que j'en ai compris le principe général, juste comme je sais que j'ai analysé le rêve le lendemain. Est-ce que la date peut t’être utile ?[vii]

 

            On est en droit de se demander pour qui il se prenait, le grand Sigmund, de la fin du XIXe siècle ! Lui qui avait déjà envoyé la lettre du 24 juillet 1895 où il n'est nullement question d'avoir "découvert" le secret du mystère des rêves ni de quoi que ce soit. Selon son propre médecin personnel — le docteur Max Schur — Freud aurait perdu toute confiance intime en Fliess il y a bien des années de leur rupture définitive en 1904 ; mais le docteur Schur (devenu "psychanalyste" à ses heures) est aussi un fidèle de Sigmund — c'est à dire quelqu'un qui accepte de mentir pour la "CAUSE" — autrement dit la discipline fondée par Freud, la Psychanalyse.[viii]

            Que raconte le docteur Schur, médecin personnel de Freud (et celui qui, par deux injections de morphine, ira lui faire connaître — selon sa propre requête — le royaume de la mort) ? Citant cette même lettre du 24 juillet 1895, le docteur Schur entrevoit l'avenir glorieux de celui qui aurait refusé la complicité avec un ami douteux — Fliess. Je cite :

Avec l'interprétation du rêve d'Irma et l'écriture de cette lettre [du 24 juillet 1895] un chapitre de la vie de Freud se termine. Freud l'a commencée en homme brillant, curieux, et troublé. Mais à partir de ce jour-là, il sut que, quelles que soient les mésaventures que l'avenir pourrait lui apporter, il avait changé radicalement l'interprétation, et donc, dans une certaine mesure, le cours des événements humains [...] L'interprétation de ce premier rêve n'était pas seulement un jalon dans le développement de la psychanalyse, mais elle devenait le véhicule important pour l'auto-analyse de Freud, et ainsi, de son évolution personnelle.[ix]

 

            Pour revenir à la vérité, après cette haletante et mensongère version du vécu de Freud, examinons ce que les archives accessibles nous offrent pour que nous puissions comprendre la réalité. Il ne suffit pas de dire que Schur ait sciemment menti (ce qui fut le cas!) ; il faut savoir où et comment et pourquoi il a menti (réponse hâtive : Schur a subi la séduction de Freud).[x] La même question pourrait — et devrait — se poser à cette Antigone du XXe siècle, Anna Freud — aussi stalinienne dans sa façon d'éliminer les éléments inquiétants que son papa qui, lui, n'avait jamais voulu entendre parler d'Emma Eckstein (et pour cause!) ni admettre qu'il avait jamais publié un article scientifique qui prônait l'injection intraveineuse de la cocaïne — après la mort atroce d'Ernst Fleischl von Marxow.[xi] Une des raisons premières du scandale français de ne pas vouloir voir la publication de l'intégralité de la correspondance de Freud à Fliess, c'est précisément que l'on veut accepter la version (gravement censurée, et, donc, gravement compromettante) d'Anna Freud, d'Ernst Kris et de la princesse Bonaparte de 1950. En conséquence de quoi, les Français sont (comme les Soviétiques d'autrefois en matière politique) dépourvus de toute possibilité de connaître la vérité sur les origines de la psychanalyse.[xii]

            La "vérité" concernant ce "rêve modèle" est tout autre que l'on ne saurait imaginer. Freud mentait à Fliess (son ami intime) ; il mentait à ses patientes ; il mentait à ses confrères (voir l'exposition de sa conférence sur les origines supposées de l'hystérie).[xiii]

Cette rhétorique est à trois temps : (1) rhétorique de la présentation de soi-même en homme solitaire et courageux qui dit toujours la vérité ; (2) rhétorique des soi-disant "cas cliniques" où il invente à la fois l'atmosphère des consultations et les répliques des "patientes" ; (3) rhétorique de la présentation des revendications théoriques. Mais, en ce qui concerne "le rêve d'Irma", l'invention est d'un ordre tout à fait anormal.

            Vu les éléments suggérés par le rêve, les références à la maladie, potentiellement mortelle (?) de sa fille aînée, Mathilde, et l'angoisse d'une punition divine —"diese Mathilde für jene Mathilde, Aug um Aug und Zahn um Zahn" ("cette Mathilde contre cette autre Mathilde, œil pour œil et dent pour dent") parce qu'il se souvenait de la mort d'une de ses malades qui s'appelait effectivement "Mathilde", le prénom de son premier enfant— on comprend volontiers l'angoisse onirique d'un père face à la maladie de sa fille. Ce rêve "de l'injection faite à Irma" risque de tourner rapidement en plein cauchemar. Est-ce qu'elle a pu avoir souffert de la diphtérie, la petite Mathilde? Oui, en effet... mais QUAND ?

            Voilà sinon tout le problème (du moins un aspect capital du problème) de ce rêve "modèle" (où il est tellement question des associations liées aux symptômes de la diphtérie de sa fille) — c'est qu'il est fondé sur une série d'impossibilités. Grâce à Masson, et grâce à lui seul, nous sommes maintenant à même de répondre à ces questions. Quand j'ai découvert cette grotesque erreur (voulue?) dans l'histoire "officielle" de la psychanalyse, je me suis rendu compte qu'on avait affaire à une mystification centenaire. Dans la version "officielle" de l'Interprétation des rêves ce premier rêve de Sigmund a toute la valeur que le fidèle Schur lui accordera dans ses mémoires.

            Dans son "analyse" prétendument du lendemain matin (donc du 24 juillet 1895) Freud élabore les associations physiologiques de la maladie de sa fille aînée d'il y avait deux ans (donc en 1893) — présence de l'albumine dans les urines etc. Maintenant, on sait (et on peut savoir, sauf en France où la version intégrale de la correspondance de Freud avec Fliess n'est pas encore disponible) que la petite Mathilde a bien souffert de la diphtérie au mois de mars 1897 — soit quatre ans après la date offerte dans l'Interprétation des rêves ! Anna Freud, en fille loyale, a retiré de son édition caviardée de 1950[xiv] de la correspondance de son père avec Fliess précisément les trois lettres qui n'ont rien à voir avec les secrets de la psychanalyse, mais qui parlent de la vraie date de la maladie de sa sœur aînée — il s’agit des lettres du 7 mars 1897, du 29 mars 1897, et du 6 avril 1897 (et qui se trouvent, sans censure aucune, dans leur plénitude aux pages 232-235 de l'édition de Jeffrey Masson).

            Je dois dire que j'avais, devant cette découverte, une double réaction : premièrement, de consulter les médecins experts de l'Unité des maladies infectieuses de notre hôpital universitaire (University of Alberta Hospital, Edmonton) pour savoir si, au XIXe siècle, une malade atteinte d'une diphtérie eût pu en avoir été atteinte quatre ans auparavant. Réponse négative (bien sûr!). La deuxième réaction — littéraire plutôt que médicale — fut de me demander comment Masson, dont la rédaction soignée des textes intégraux m'avait permis de découvrir la vérité derrière des années de mystification, n'avait rien soupçonné en ce qui concerne l'escroquerie derrière le rêve d'Irma!

            Quelques années plus tard, je reçois une lettre qui valide en quelque sorte mes hypothèses, et comme dit mon correspondant, c'est une validation "imparable" vu que la source n'est autre qu'Anna Freud elle-même dans une réponse à Ernest Jones qui travaillait alors à sa biographie de Freud. Mon collègue de l'Université de Washington à Seattle, Mikkel Borch-Jacobsen, m'écrit:

[...] je reviens tout juste d'une expédition à la Library of Congress [Bibliothèque du Congrès] à Washington, D.C., où je suis tombé sur un passage dans la correspondance entre Anna Freud et Ernest Jones qui corrobore définitivement ladite analyse [c'est à dire la mienne, RW]. Le passage en question se trouve dans une lettre d'Anna Freud à Jones du 8 février 1952 dans laquelle elle réagit à l'envoi par Jones du brouillon du chapitre "Personal Life" de la biographie qu'il était en train d'écrire [...] La démonstration est maintenant imparable : Freud est « caught red handed » [pris la main dans le sac].[xv]

 

Le fait est que pendant les années "possibles" d'une grave maladie enfantine de Mathilde (1893...) les enfants de Freud se portaient plutôt bien!

            Les problèmes de la composition fertile de ce "rêve modèle" ne font que commencer. (Pensons aux rapports professionnels et affectifs de Freud en 1899, surtout avec Josef Breuer et Oscar Rie — qui renseignent la présentation de personnages importants mais secondaires dans le "rêve".) C'est pour cela que je date la rédaction réelle en 1899 — et non en 1897, c'est-à-dire juste après la diphtérie au mois de mars de Mathilde. Pourquoi 1899 ? Parce que Freud parle de la grave maladie, la diphtérie, de sa fille aînée, Mathilde, "vor nahezu zwei Jahren" ("il y a presque deux ans")[xvi]. Il me semble que Freud s'est laissé prendre exactement comme cet excellent littérateur et mystificateur américain, E. A. Poe, qui dans son "analyse scientifique" du joueur d'échecs de Maelzel a commis l'erreur de nous offrir le nom [Schlumberger] de l'homme deviné derrière le mannequin du Turc, joueur d'échecs.[xvii]

            Enfin, il y a plusieurs choses troublantes dans cette apparente démonstration devant le public de sa "science" d'interprétation des rêves. Si j'ai parlé d'un "aspect capital" du problème, et non du "problème tout entier" — c'est qu'il reste la question de la "tonalité" du rapport offert par Freud dans le deuxième chapitre de la Traumdeutung. Le texte que nous lisons est d'un ton comique voulu, dompté, mesuré et rythmé (bref, un ton ’’pince-sans-rire’’), et tout inattendu — le comique de quelqu'un qui eût entendu en chair et en os Mark Twain (en visite à Vienne) et qui eût su profiter de l'expérience.[xviii]

            À part cela, le "symbolisme" ne marche pas ; les "évidences" dont Freud dit  se souvenir sont "douteuses" (pour dire le moins!) ; la "réalité" retrouvée dans le rêve, n'est qu'une construction bien post hoc ! (mais post hoc de quoi?). "Le Rêve de l'injection faite à Irma" est une pièce montée avec ingéniosité à partir des irritations et des conflits subis — ou bien provoqués? — par Freud dans les dernières années du XIXe siècle. Cette invention a des résonances bien au-delà de la psychanalyse, et que Freud n'eût pas appréciées. Ce "rêve" est peuplé de fantômes, de fantômes décharnés (comme sont les fantômes!) mais de fantômes qui n'avaient de cesse à hanter l'esprit drogué et instable, ambitieux au possible, de l'inventeur de la psychanalyse.


 

[i] Ce que Sir Peter Medawar, président pendant les années fructueuses du British Medical Research Council, et prix Nobel de médecine (en 1960), a condamné dans une méchante —et combien correcte !— petite phrase : "L'opinion gagne du terrain que la théorie doctrinale psychanalytique est le plus époustouflant abus de confiance intellectuelle du XXe siècle" (Medawar, "Victims of Psychiatry," New York Review of Books, 23 janvier 1975, p.17. Texte repris (pp.136-140) dans le livre de 1982, Pluto's Republic, Oxford University Press.

[ii] Il déclarera même à Wilhelm Fliess :

"Est-ce que tu crois qu'on pourra lire un jour sur une tablette de marbre apposée à cette maison :

Ici, le 24 juillet 1895,

le secret du rêve

se révéla au Dr. Sigm. Freud."

[Ma traduction de la lettre du 12 juin 1900, d'après le texte de l'édition intégrale préparée par Jeffrey Moussaieff Masson de la correspondance Freud-Fliess (The Complete Letters of Sigmund Freud to Wilhelm Fliess 1889-1904. Cambridge, MASS., The Belknap Press of Harvard University Press, 1985).] Cette lettre se trouve page 417. Dans une note érudite attachée à cette lettre, Masson signale qu'une telle plaque a en effet été apposée sur le mur de la maison de Bellevue, dans les faubourgs de Vienne, le 6 mai 1977 ! (Masson, op. cit. p.418)

[iii] L'édition intégrale de Masson ajoute 133 lettres de Freud à Fliess, inédites sans compter les nombreuses additions aux lettres incluses (mais caviardées) dans l'édition Aus den Anfängen de 1950.

[iv] Ma traduction de l'anglais de la Pelican Freud Library, 4, p. 198

[v] Ma traduction de la lettre du 24 juillet 1895 (Complete Letters page 134).

[vi] Texte traduit en français en 1927 par un groupe de bilinguistes, dont Sartre; la traduction anglaise que j'utilise ici est celle de J. Hœnig et Marian W. Hamilton, de l'Université de Manchester (Angleterre), publiée par les presses universitaires de Chicago sous le titre, General Psychopathology (voir la section "Excursus into psychoanalysis" pp. 359-363; ma citation est à la page 361.)

[vii] La dernière phrase n'est autre qu'un leurre à l'adresse des notions de la périodicité de Fliess. Cette lettre —du 18 juin 1900— se trouve aux pages 418-419 de l'édition intégrale de Masson (Harvard University Press, 1985), les phrases citées sont en haut de la page 419.

[viii] Voir Max Schur, Freud: Living and Dying. New York: International Universities Press, 1972 [Trad. Fr. La mort dans la vie de Freud. Gallimard 1975]. Il ne faut pas oublier non plus que, lorsqu'il est question du cancer subi par Freud (dont le palais fut complètement remplacé par une prothèse), Schur ne parle JAMAIS des dangers (bien réels) des prises répétées de cocaïne par voie nasale —la nécrose progressive des tissus.

[ix] Schur, 1972 pp. 88-89; (c'est Schur qui souligne).

[x] Les erreurs — ou bien les mensonges— de Schur sont deux.

                –Primo, eu égard aux rapports Freud-Fliess, ce fut ce dernier en effet qui avait déjà commencé à retirer son intimité spontanée d'autrefois; l'interprétation de Schur est complètement insoutenable —Freud avait une confiance quasi-névrotique en Fliess. Voir, par exemple, sa lettre à Fliess du premier janvier 1896 (soit six mois après la supposée indépendance de l'été de 1895):

"La sorte d'homme que tu es ne devrait jamais disparaître, mon cher ami; nous autres, nous avons tellement, voire trop, besoin de gens comme toi. Combien de choses je te dois: consolation, compréhension, la stimulation dans ma solitude, le sens de ma vie que j'ai gagné grâce à toi, et enfin la santé même, que personne d'autre n'eût pu me rendre." (ma traduction de l'anglais de Masson, p. 158.)

                –Deusio, Schur accepte la fausse chronologie de l'existence du rêve d'Irma à la date, et avec les "associations" impossibles, du chapitre deux de la Traumdeutung.

[xi] Dont Freud fut entièrement responsable! Dans "le rêve de l'injection faite à Irma" —qui eût pu s'appeler "le rêve de l'injection faite à Ernst"— nous lisons la narration soigneusement préparée (et avec les mensonges de convenance) de ce que furent en réalité les débuts de la mort précoce de Fleischl von Marxow —c'est-à-dire les injections de cocaïne données par Freud dès le mois de janvier 1885.

[xii] Voir, à ce sujet précis, Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens: histoire d'une désinformation séculaire. Sprimont (Belgique): Mardaga, 2002, chap.2 et sur Fleischl von Marxow, pp. 150-sq..

[xiii] Voir Wilcocks, Maelzel's Chess Player: Sigmund Freud and the Rhetoric of Deceit (Lanham, Maryland, 1994), pages 113-157.

[xiv] Le texte allemand, édité par Marie Bonaparte, Anna Freud, et Ernst Kris, porte le titre: Sigmund Freud, Aus den Anfängen der Psychoanalyse. Briefe an Wilhelm Fliess, Abhandlungen und Notizen aus den Jahren 1887-1902. Une traduction anglaise est publiée en 1954. La traduction française paraît chez PUF en 1956 sous le titre Lettres à W. Fliess 1887-1902, Notes et Plans; in: La naissance de  la psychanalyse.

[xv] Correspondance personnelle datée du 22 juin 2000.

[xvi] Cf. Die Traumdeutung. L’interprétation des rêves, P.U.F 1967, page 103.

[xvii] Non seulement Poe s'est-il trompé sur la véritable machinerie du "joueur d'échecs"; mais il nous offre gratuitement, et à son insu, l'évidence de sa propre forfanterie. Baudelaire avait raison d'inclure ce texte parmi les Histoires extraordinaires qu'il venait de traduire en français, bien que Poe l'eût publié comme un document scientifique! Voir Maelzel's Chess Player: Sigmund Freud and the Rhetoric of Deceit (ch. 5, pp. 159-182).

[xviii] Dans sa lettre à Fliess du 9 février 1898, Freud parle du réel plaisir qu'il a eu [au soir du 5 février 1898] à écouter "notre vieil ami, Mark Twain, en personne". Voir Masson, p. 299. Dans Das Unbehagen in der Kultur [Malaise dans la civilisation] de 1930 (version française chez PUF publiée en 1971), Freud s'y réfère et donne le titre de la présentation de Mark Twain: "The first melon I ever stole." [Le premier melon que j'aie jamais volé].